Le coût de la guérison du coronavirus pourrait être plus mortel que la maladie

PAR JOHN CARPAY, Le post millénaire

La Charte canadienne des droits et libertés permet aux gouvernements de violer les droits et libertés s'ils peuvent démontrer que leurs actions sont raisonnables et « manifestement justifiées dans une société libre et démocratique ». Les citoyens n'ont qu'à montrer que leurs droits ont été violés, il incombe alors au gouvernement de justifier sa violation de ces droits. Ce fardeau est voulu par la Charte comme étant onéreux.

Il est trop tôt pour savoir avec certitude si les mesures gouvernementales de lutte contre le coronavirus réussissent à sauver des vies. Mais il n'est pas trop tôt pour commencer à poser certaines questions nécessaires, d'autant plus que les gouvernements parlent maintenant de verrouillages qui ne durent pas des semaines, mais des mois, voire des années.

Les gouvernements provinciaux et municipaux partout au Canada, ainsi que le gouvernement fédéral, ont violé la liberté des Canadiens de voyager, de s'associer, de se réunir pacifiquement et de pratiquer leur religion. Les temples, les mosquées, les synagogues et les églises ont été jugés non essentiels, tout comme les écoles. Nos droits garantis par la Charte à la liberté et à la sécurité de la personne ont également été compromis. Le gouvernement prétend « sauver des vies » comme justification de ces mesures.

Un tribunal canadien considérerait presque certainement le fait de sauver des vies comme un objectif urgent et réel, un objectif louable qui justifie potentiellement la violation des libertés fondamentales des citoyens, du moins à court terme. Dans le même temps, tout en reconnaissant la légitimité de l'objectif d'un gouvernement, les tribunaux procèdent également à un exercice d'équilibre, pesant à la fois les inconvénients et les avantages de l'action gouvernementale.

Au moment d'écrire cette chronique, aucune mesure gouvernementale n'a été contestée pour violation déraisonnable des libertés de la Charte. Aucun tribunal n'est aux prises avec les coûts et les avantages. Bien que les tribunaux n'aient pas (encore) été appelés à mener cet exercice, il incombe aux gouvernements de le faire, afin d'honorer et de respecter notre Constitution.
Les gouvernements soutiennent que nous devons « aplatir la courbe » afin d'éviter que le système médical ne soit dépassé au point de s'effondrer, car les hôpitaux manquent de lits de soins intensifs et de ventilateurs en nombre suffisant. Mais les gouvernements ne savent pas combien de Canadiens ont déjà eu le COVID-19 et sont maintenant guéris.

Les gouvernements ne savent pas non plus combien de Canadiens ont actuellement ce virus et ne présentent aucun symptôme. Les tests de COVID-19 sont loin d'être précis. Les tentatives d'aplatissement de la courbe sont basées sur des spéculations, sans données scientifiques fiables.
Les moyens et les méthodes que les gouvernements utilisent pour lutter contre le coronavirus sont basés sur des conjectures, car des données précises n'existent pas. Le fait que les données ne soient pas fiables a récemment été confirmé à nouveau par la différence extrême des décès projetés par COVID-19 en Alberta, avec des estimations allant de 400 à 6,600 XNUMX.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, a déclaré l'évidence en admettant que « les scénarios ne doivent pas être considérés comme des prédictions concrètes ». Peut-être que les violations des libertés de la Charte sauvent des vies, Suite à la page suivante
Suite de la page précédente mais si c'est le cas, nous n'avons vraiment aucune idée du nombre.

Alors que les politiciens claironnent quotidiennement les avantages vitaux de la fermeture de l'économie et de la société, nous les entendons rarement discuter du coût total de ces restrictions, y compris le coût en vies humaines.

Combien de suicides résulteront des gouvernements ayant fermé une grande partie de notre économie et ayant forcé des millions de Canadiens au chômage ? Combien de Canadiens mourront à cause de la montée de l'alcoolisme et d'autres dépendances? Combien de conjoints seront maltraités ou même tués alors que les couples resteront au chômage et confinés chez eux, craignant de faire face à de lourdes amendes juste pour avoir fait une promenade dans le parc ?

Combien de personnes mourront parce qu'elles ont perdu leur emploi ou parce que l'entreprise familiale a fait faillite et qu'elles n'ont plus les moyens de payer les médicaments, les aliments nutritifs ou les services de santé dont elles ont besoin pour rester en bonne santé ? Combien de personnes âgées mourront parce qu'elles ne reçoivent plus de visites régulières et que personne ne remarque leur perte de poids ou leur changement de couleur de peau ou d'autres maux, de sorte que personne n'emmène ces personnes âgées malades à l'urgence ou chez leur propre médecin de famille pour un examen ?

Combien de Canadiens mourront parce que les bons organismes de bienfaisance qui prennent soin de nos voisins faibles et vulnérables ne sont pas autorisés à faire leur travail et parce que les dons sur lesquels comptent les organismes sans but lucratif ont diminué ou ont disparu?
Combien de Canadiens mourront du cancer et d'autres maladies parce que leur test ou chirurgie « facultatif » (« non urgent » est une description plus précise) a été annulé? Combien de Canadiens mourront parce qu'ils croyaient – ​​à tort ou à raison – qu'ils ne pouvaient pas aller voir leur médecin ou qu'ils ne pouvaient pas se présenter aux urgences à l'hôpital? Combien de Canadiens mourront à cause des coupures inévitables dans les dépenses de santé qui réduiront l'accès aux médicaments et aux traitements?

Combien d'enfants, confinés chez eux alors que les terrains de jeux sont fermés et les activités sportives arrêtées, deviendront diabétiques ? Combien d'adultes développeront des troubles psychiatriques graves causés par l'isolement social, parce que les gouvernements ont effectivement éliminé l'interaction sociale dans les restaurants, les églises, les pubs, les piscines et les centres communautaires ? Combien de Canadiens mourront de maladies physiques ou mentales causées par le fait de ne plus participer à des sports et à d'autres activités récréatives?

À quelques exceptions près, les politiciens n'essaient même pas de répondre à ces questions. Ils parlent comme si la fermeture de notre économie, la création de chômage, la destruction du tissu social et l'enfoncement de millions de personnes dans la pauvreté ne tueraient pas les Canadiens. Mais si nous nous soucions vraiment de sauver des vies, nous ne pouvons pas ignorer les décès qui résulteront sûrement des tentatives actuelles du gouvernement pour "aplatir la courbe". Alors qu'une courbe peut être aplatie (ou non), une autre courbe monte à des hauteurs inconnues.

Nous finirons par apprendre le coût, en vies humaines, de l'élimination des relations sociales vitales et de la destruction de milliards de dollars qui sont essentiels à la subsistance des gens et au maintien d'un système de soins de santé fonctionnel. Peut-être que les mesures du gouvernement s'avéreront éventuellement avoir sauvé plus de vies qu'il n'en a été perdu à cause de ces mesures. Ou non. Indépendamment du fait qu'un tribunal soit finalement appelé ou non à s'attaquer à ces questions vitales, il est temps que les politiciens commencent à le faire.

L'avocat John Carpay est président du Justice Center for Constitutional Freedoms (JCCF.ca).