Les modèles canadiens de prédiction du coronavirus doivent être transparents

PAR JOHN CARPAY, Le post millénaire

Le premier ministre Justin Trudeau et la ministre fédérale de la Santé Patty Hajdu, ainsi que l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam, ont refusé de divulguer les modèles du gouvernement qui prévoient comment COVID-19 pourrait se dérouler. Ils s'attendent à ce que les Canadiens acceptent un chômage massif, des faillites et une chute rapide dans la pauvreté pendant une durée indéterminée, sans fournir les estimations du gouvernement quant au nombre de Canadiens qui pourraient ou non mourir de la COVID-19.

Dans le même ordre d'idées, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a déclaré récemment que la publication de modèles de projection pourrait semer la panique, comme si les Canadiens n'étaient pas déjà paniqués en acceptant des restrictions à leurs libertés de mobilité, d'association et de réunion pacifique, ainsi qu'à leur droit à la liberté et à la liberté. sécurité de la personne.

Ce refus d'être transparent et de fournir aux Canadiens les preuves et les informations en sa possession vient du même gouvernement fédéral qui proposait, il y a seulement deux semaines, de s'exonérer de la responsabilité parlementaire jusqu'à la fin de 2021. Cela ressemble étrangement à l'exploitation d'un crise pour s'accaparer plus de pouvoir et éviter de rendre des comptes.

Les politiciens disant « faites-nous simplement confiance » ne satisferont pas un tribunal si une restriction fédérale, provinciale ou municipale est contestée pour violation des droits et libertés de la Charte. Au contraire, la Charte impose au gouvernement le fardeau de démontrer une justification de ses violations des droits et libertés. Ce fardeau pour le gouvernement pourrait s'avérer plus difficile que ce à quoi on pourrait s'attendre.

Au moment d'écrire cette chronique, les autorités rapportent que plus de 100 Canadiens sont morts de la COVID-19. Comme dans d'autres pays, les chiffres peuvent ne pas être fiables, selon que les registres de décès distinguent avec précision les personnes décédées du COVID-19 comme cause réelle du décès, par rapport aux personnes décédées d'autres causes tout en étant également testées positives pour le COVID-19. Il y a une grande différence entre le COVID-19 causant la mort et le COVID-19 trouvé chez une personne décédée d'autres causes. Le nombre de décès dus au COVID-19 en Italie est élevé en partie parce que toute personne qui avait le virus au moment du décès était réputée en être décédée, même dans les cas où les patients sont décédés d'autres causes.

Le gouvernement fédéral lui-même ne sait pas combien de Canadiens sont infectés par la COVID-19 mais ne présentent pas de symptômes, ou combien ont déjà eu le virus et sont maintenant guéris. De plus, les tests sont un indicateur retardé, les résultats prenant des jours (parfois des semaines) à arriver.

Précis ou non, le nombre de décès au Canada apparemment liés à la COVID-19 atteindra probablement plusieurs centaines, puis plusieurs milliers. Tous ces décès sont tragiques.

Les gouvernements peuvent bien être justifiés dans leur réponse à cette menace, mais ils doivent examiner les décès liés à la COVID-19 dans le contexte approprié, à savoir les 288,000 2019 Canadiens décédés en 283,000, les 2018 274,000 Canadiens décédés en 2017 et les 5,500 750 Canadiens décédés. en XNUMX, selon Statistique Canada. Plus de XNUMX XNUMX Canadiens meurent chaque semaine, soit une moyenne de plus de XNUMX personnes chaque jour. Suite à la page suivante

Suite de la page précédente Les décès dus à la COVID-19 sont aussi tragiques que ceux du cancer (80,000 53,000 Canadiens tués chaque année), des maladies cardiaques (13,000 9,000 Canadiens tués chaque année) et des maladies cérébrovasculaires (XNUMX XNUMX Canadiens tués chaque année), sans parler des dizaines de des milliers de Canadiens qui meurent chaque année d'emphysème, d'asthme, de pneumonie, de diabète, de la maladie d'Alzheimer, de maladies rénales, de maladies du foie, de suicide et d'accidents. Enfin et surtout, n'oublions pas la grippe, qui tue XNUMX XNUMX Canadiens par année, ainsi que des centaines de milliers de personnes dans le monde.

Mais même face à une tragédie, les Canadiens ont le droit de savoir - précisément - sur quels modèles, théories et données les gouvernements s'appuient, et quelles stratégies les gouvernements ont l'intention de poursuivre dans le contexte approprié, ce qui inclut la prise en compte des taux de mortalité dus à d'autres causes.

En vertu de notre Constitution, les gouvernements fédéral et provinciaux du Canada peuvent prendre des mesures pour tenter de contrôler une propagation ingérable de la COVID-19. Mais toute restriction des droits et libertés garantis par la Charte doit être proportionnée, enracinée dans le contexte approprié, y compris le fait que plus de 5,500 19 Canadiens meurent chaque semaine de causes autres que la COVID-XNUMX, et mise en balance avec la destruction profonde de l'économie et du tissu social du Canada, et toutes les souffrances que les mesures gouvernementales infligent maintenant aux Canadiens.

Des mesures bien intentionnées pour sauver des vies ont leurs propres coûts, que les gouvernements doivent considérer pleinement et soigneusement. Infliger le chômage à des millions de Canadiens, comme le font actuellement les gouvernements, signifie que moins d'argent sera disponible pour faire fonctionner nos systèmes de soins de santé, ce qui entraînera plus de décès à long terme. La hausse du chômage et des faillites, avec des millions de Canadiens souffrant d'une perte massive de revenus, entraînera des problèmes de santé mentale et physique, davantage de suicides et davantage de violence familiale.

L'isolement social signifie priver les Canadiens d'interactions sociales saines, ce qui entraîne également davantage de problèmes de santé mentale et physique et les décès qui en résultent. L'annulation des chirurgies programmées (appelées à tort "électives" alors qu'elles sont en fait nécessaires) et d'autres soins médicaux importants, dont nous sommes actuellement témoins, entraînera davantage de décès. La suppression des ressources nécessaires pour résoudre d'autres problèmes de santé peut entraîner davantage de décès. Lorsque les gens ont besoin d'une aide médicale maintenant mais ne la recherchent pas, en raison de l'auto-isolement ou du manque de ressources ou des deux, il y aura plus de décès.

Comme le dit John Lee, professeur de pathologie récemment retraité et ancien pathologiste consultant du National Health Service : « Comment mesurons-nous les conséquences sur la santé du fait de priver les gens de leur vie, de leur emploi, de leurs loisirs et de leur objectif pour les protéger d'une menace anticipée ? Laquelle cause le moins de mal ?

Les sociétés libres comme le Canada ont généré beaucoup d'épanouissement humain grâce à la liberté personnelle et à la liberté économique, qui à leur tour ont augmenté notre espérance de vie bien au-delà de ce dont bénéficient les personnes vivant sous des dictatures. Il est possible que nos gouvernements fédéral et provinciaux s'avèrent éventuellement avoir été entièrement justifiés de fermer notre économie, de déchirer notre tissu social et de violer les droits et libertés de notre Charte pour arrêter ou ralentir la propagation de la COVID-19. Mais il incombe aux gouvernements canadiens de justifier ces violations de la Charte et d'être honnêtes et transparents avec le public.

Le refus du premier ministre Trudeau et de la ministre Hajdu de rendre publics leurs modèles et estimations – contrairement à ce que les gouvernements américain et néo-zélandais ont fait – indique un manque de reconnaissance que le gouvernement est responsable devant le peuple. Si on leur demande de demander des comptes au gouvernement, les tribunaux exigeront que le gouvernement fournisse ces modèles et ces estimations. M. Trudeau et Mme Hajdu n'ont aucune excuse pour ne pas présenter leurs projections et leurs modèles au public canadien maintenant.

 

L'avocat John Carpay est président du Justice Center for Constitutional Freedoms (JCCF.ca).